Du 24 au 26 novembre 2026, Paris Nord Villepinte accueille la nouvelle édition d'ALLFORPACK EMBALLAGE PARIS. Sur trois jours, l'événement réunit fabricants de matériaux, transformateurs, donneurs d'ordre, designers et fournisseurs de machines autour de quatre grands parcours industrie pensés pour structurer la visite : Machines et Conditionnement, Design et Impression, Intralogistique et Transport, et Emballages et Matériaux.

Cette logique de parcours répond à une attente précise des visiteurs : circuler en suivant une thématique métier plutôt qu'en arpentant le salon de manière indifférenciée. À ce dispositif s'ajoute une visite sur mesure, accessible via le programme Business+, qui propose un accompagnement avant, pendant et après le salon, des rendez vous d'affaires qualifiés et un agenda de conférences, les Paris Talks, articulés autour des thèmes Réinventer, Régénérer et Rayonner, où la question du matériau occupe une place centrale.

Un parcours sous pression réglementaire

Pendant longtemps, le choix d'un matériau d'emballage relevait surtout d'un arbitrage entre protection du produit, coût et image de marque. Cette grille de lecture est en train d'éclater. Le règlement européen PPWR (UE 2025/40), publié au Journal officiel de l'Union européenne le 22 janvier 2025 et applicable à compter du 12 août 2026, remplace la directive 94/62/CE et impose désormais des objectifs chiffrés directement opposables dans les 27 États membres : recyclabilité de l'ensemble des emballages mis sur le marché européen à l'horizon 2030, intégration progressive de matière recyclée dans les emballages plastiques (entre 10 % et 35 % selon les catégories en 2030, jusqu'à 65 % en 2040), limitation du taux de vide à 50 % pour les colis e commerce et harmonisation des étiquettes de tri.

Le contexte chiffré pèse lourd. Selon les données reprises par la Commission européenne et relayées par la CCI Paris Ile-de-France, 79,7 millions de tonnes de déchets d'emballages ont été générées dans l'Union européenne en 2023, soit environ 178 kg par habitant. À l'échelle nationale, la filière française de l'emballage représente, selon le Conseil National de l'Emballage, un chiffre d'affaires de l'ordre de 22 milliards d'euros, ce qui en fait l'un des secteurs industriels les plus transversaux du pays, présent dans l'agroalimentaire, la cosmétique, le luxe, la pharmacie, les biens industriels, le commerce en ligne etc. Le cadre fixé par la filière REP Emballages Professionnels (EPRO), entrée en vigueur le 1er janvier 2026, prolonge ces obligations sur le segment des emballages industriels et commerciaux, jusque là moins encadré que les emballages ménagers.

Stand RAJA Group dans un salon professionnel, présentant des solutions d’emballage devant plusieurs visiteurs.

Papier carton : la locomotive de la transition matière 

Au sein du parcours, le papier carton occupe une place de premier plan, à la fois pour son tonnage et pour son image. La production française a progressé de 6,3 % en 2024, atteignant environ 6,5 millions de tonnes, portée par la demande du commerce en ligne et de l'agroalimentaire. Le segment carton ondulé, structuré autour de 11 groupes industriels, 70 sites de production et 15 200 salariés directs, génère à lui seul environ 3,36 milliards d'euros de chiffre d'affaires. À l'échelle européenne, la Confédération européenne des industries papetières (Cepi) chiffre la production annuelle à près de 45 millions de tonnes, avec un taux de recyclage de 82 %, le plus élevé de tous les matériaux d'emballage.

Cette photographie explique l'effervescence des stands consacrés au papier carton lors du salon. On y trouve des producteurs de papiers pour ondulés, des fabricants de caisses américaines, de boîtes pliantes et de plateaux de regroupement, des spécialistes du calage à base de fibres moulées en alternative aux films plastiques et au polystyrène expansé, ainsi que des transformateurs qui développent des solutions de barrière contre l'eau, l'oxygène ou la matière grasse sans recourir aux laminations plastiques. Les innovations présentées en vitrine, papier cellulose transparent, carton à barrière monomatériau, plateaux compostables industriels, traduisent l'ampleur de la course à la substitution du plastique sur les segments où sa fonctionnalité n'est plus jugée indispensable.

Plastique, verre, métal, bois : la coexistence assumée des matériaux

Réduire le parcours Emballages & Matériaux à une opposition plastique versus fibres serait pourtant inexact. Selon Polyvia, organisation professionnelle de la plasturgie, le plastique reste majoritaire dans plusieurs segments où son rapport poids barrière et son coût restent imbattables : conditionnement liquide, blisters pharmaceutiques, films alimentaires longue conservation, contenants cosmétiques techniques. Les exposants y présentent désormais des résines incorporant de la matière recyclée (rPET, rPP, rPE), des films monomatériaux conçus pour être recyclables, des barrières inorganiques en remplacement des structures multicouches et des solutions de recyclage chimique encore en industrialisation.

Le verre, le métal et le bois complètent le tableau. Le verre, longtemps challengé par le plastique sur le segment des boissons, profite des objectifs de réemploi du PPWR (10 % des emballages de boissons d'ici 2030, 25 % d'ici 2040) pour reprendre du terrain, soutenu par le déploiement de standards de bouteilles réemployables dans plusieurs filières. L'aluminium et l'acier, déjà très recyclés à l'échelle européenne, jouent leur partition sur les canettes, les aérosols et certaines boîtes de conserve, avec des objectifs de recyclage portés à 70 % pour les métaux ferreux et 50 % pour l'aluminium d'ici 2030. Le bois enfin, surtout présent sur le segment palette et caisse, voit ses circuits de réutilisation et de recyclage se structurer, alors que les emballages dédiés au transport doivent désormais atteindre 40 % de taux de réemploi en 2030 selon le PPWR.

Matériaux alternatifs et matières à penser

C'est sans doute sur le segment des matériaux alternatifs que l'édition 2026 se distingue le plus de ses précédentes. Le salon ouvre en effet plusieurs espaces thématiques dédiés à l'expérimentation, dont l'espace Matières à Penser, qui explore la réinvention des matériaux et leur impact sur l'expérience utilisateur, ainsi que Ruptures Créatives, qui donne la parole aux acteurs les plus audacieux du packaging. Ces espaces accueillent des solutions à base de fibres végétales (paille, bagasse, miscanthus, lin), des bioplastiques compostables industriels, des films à base d'algues, des emballages mycéliums et des matières issues du recyclage chimique.

Cette diversité s'inscrit dans une dynamique européenne portée par la stratégie de la Commission sur les matières premières critiques et par les travaux du Conseil National de l'Emballage, qui appelle à raisonner par fonction et par cycle de vie, plutôt que par matériau en absolu. Les studios de design présents sur le salon, les agences de packaging et les laboratoires R&D y testent en grandeur réelle des choix de matière auprès des acheteurs de la grande distribution, du luxe, de la cosmétique et de l'agroalimentaire, dans une logique qui dépasse la communication pour entrer dans l'arbitrage industriel.

Du brief produit au cahier des charges matière

L'une des forces du parcours Emballages & Matériaux tient à la coexistence, sur une même surface d'exposition, des trois familles d'acteurs qui composent la chaîne de valeur. Les producteurs et transformateurs de matériaux y rencontrent les fournisseurs de machines, d'encres et de traitements de surface, ainsi que les donneurs d'ordre (marques, distributeurs, industriels, opérateurs e commerce) qui définissent les cahiers des charges produit. Cette configuration, doublée par les démonstrations en fonctionnement et les espaces d'inspiration, fait du salon un terrain de qualification commerciale resserré, où les contacts engagés sur le parcours débouchent souvent sur des projets multi métiers, mêlant matière, design et conditionnement.

Le secteur Emballages & Matériaux d'ALLFORPACK EMBALLAGE PARIS s'inscrit ainsi à la croisée de la performance industrielle, de la circularité et de la conformité. Il offre une lecture concrète des arbitrages qui attendent les metteurs sur le marché dans les trois prochaines années, entre exigences réglementaires européennes, attentes des consommateurs et trajectoire de décarbonation. Pour explorer ces enjeux sur le terrain, échanger avec les exposants du parcours et assister aux Paris Talks consacrés à la réinvention de la matière, rendez vous du 24 au 26 novembre 2026 à Paris Nord Villepinte sur ALLFORPACK EMBALLAGE PARIS.