Avec plus de 2 200 banderoleuses en service et un modèle commercial centré sur la facturation au film consommé, Aranco illustre la mutation industrielle d'une activité longtemps considérée comme un simple poste de dépense. À l'approche d'ALLFORPACK EMBALLAGE PARIS 2026, le spécialiste espagnol du banderolage de palettes met en avant un modèle de service intégré particulièrement aligné avec les nouvelles exigences européennes en matière d'emballage de transport.

Un modèle commercial qui rebat les cartes de la fin de ligne

Pendant longtemps, le banderolage de palettes a été perçu comme la dernière étape d'une chaîne logistique, un poste de consommables, jamais comme un levier d'optimisation. Aranco, entreprise familiale espagnole fondée à Valence, fait depuis plus de trois décennies le pari inverse. Son modèle, qu'elle baptise Service Intégral d'Emballage (Sie), repose sur un principe simple, encore peu répandu dans le secteur : les banderoleuses sont mises à disposition du client sans investissement, sans frais d'installation, sans coût de maintenance. Le client ne paie que le film étirable réellement consommé.

Cette logique d'économie de la fonctionnalité, transposée à l'emballage industriel, change la nature même du dialogue entre fournisseur et utilisateur. Là où la vente classique de machines incite mécaniquement à maximiser la consommation de consommables, Aranco a tout intérêt à réduire la quantité de film utilisée par palette, puisque sa rentabilité dépend de la performance technique du couple machine-film. Selon les données publiées dans son rapport de durabilité, l'entreprise affiche une réduction moyenne de 67 % de la consommation de film et de 85 % de la consommation de mandrins carton chez ses clients équipés.

L'emballage de transport au cœur des nouvelles obligations européennes

Le calendrier industriel d'Aranco croise frontalement celui de la régulation européenne. Le règlement (UE) 2025/40, dit PPWR, publié au Journal officiel de l'Union européenne le 22 janvier 2025, devient pleinement applicable dans l'ensemble des États membres le 12 août 2026, soit quelques semaines seulement avant ALLFORPACK EMBALLAGE PARIS. Ce texte ne se contente pas de fixer de nouveaux objectifs de recyclabilité ou de réemploi. Il redéfinit le vocabulaire même de la filière : ce que l'on appelait "emballage tertiaire" devient officiellement "emballage de transport", catégorie qui englobe explicitement les palettes, les cartons de transport, les caisses logistiques et les films étirables utilisés pour stabiliser les charges, comme l'a précisé une récente analyse du salon ALLFORPACK EMBALLAGE PARIS.

Cette clarification est tout sauf cosmétique. À horizon 2030, le PPWR fixe un objectif de 40 % d'emballages de transport B2B réutilisables, porté à 70 % en 2040. Les films étirables et les sangles de palettes bénéficient d'un statut particulier : le premier acte délégué du règlement, adopté début 2026, les exempte spécifiquement des obligations de réemploi à 100 %, en raison de leurs contraintes techniques. Cette exemption est commentée par le Réseau Vrac & Réemploi, qui rappelle néanmoins que les films comptent toujours dans le calcul de l'objectif global de réutilisation. Autrement dit, la pression sur la quantité et la composition du film ne disparaît pas, elle se déplace.

Chariot élévateur transportant une palette emballée dans un entrepôt avec des rayonnages remplis de palettes filmées.

Films bas microns, PCR, RFID : la matière sous toutes ses formes 

L'entreprise valencienne fabrique ses propres films étirables dans son usine de Massamagrell, inaugurée en 2021. Sa gamme se concentre sur des films à très bas micronage (entre 6 et 11 microns pour la famille haute performance automatique), conçus pour offrir une tenue mécanique équivalente à celle de films conventionnels deux à trois fois plus épais. Chaque kilo de film "optimisé" évite, selon les calculs internes vérifiés dans son reporting extra-financier, environ 1,6 à 2,1 kg d'émissions de CO₂. Sur les vingt dernières années, l'entreprise estime avoir retiré du marché plus de 60 000 tonnes de film improductif, équivalent à 106 000 tonnes d'émissions évitées.

La gamme EcoFilm, développée avec des partenaires européens, intègre 30 %, 40 % puis 51 % de matières premières issues du recyclage post-consommation (PCR). Tous les films sont par ailleurs annoncés comme 100 % recyclables, ce qui les positionne favorablement face aux exigences de recyclabilité par conception prévues par le PPWR à partir de 2030.

L'autre innovation matérielle, moins visible mais structurante, concerne la traçabilité. Aranco équipe ses bobines de film de tags RFID, ce qui permet de relier chaque palette filmée à une consommation précise en mètres linéaires et à un coût réel à la palette. Cette donnée alimente une plateforme en ligne, le Web Client, et constitue le socle d'une offre de digitalisation des banderoleuses existantes, le Service de Contrôle et de Données (SCD), destinée aux industriels qui ne souhaitent pas changer de parc machines mais veulent mesurer ce qu'ils consomment.

Une banderoleuse autonome récompensée par DHL 

Le savoir-faire d'Aronco a été reconnu en avril 2023 par les DHL Green & Digital Innovation Awards, dans la catégorie Innovation pour la robotisation de la chaîne d'approvisionnement. La machine récompensée, baptisée AMR, combine en un seul équipement une banderoleuse à bras tournant et un transpalette électrique autonome. Conçue et fabriquée à Valence, elle se déplace seule dans l'entrepôt, sans surveillance humaine permanente, et exécute les opérations de transport, de banderolage et de génération de données. Un dispositif laser détecte la présence d'un opérateur ou d'un obstacle dans le rayon de rotation du bras et provoque l'arrêt automatique, élément clef de la conformité aux directives Machines.

Technicien en veste bleue intervenant sur un équipement industriel électronique.

Ce type de robotisation cible explicitement deux problématiques structurelles de la fin de ligne logistique : la pénibilité du poste de banderolage manuel, identifiée de longue date par l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail comme un facteur de troubles musculosquelettiques, et la variabilité de la qualité de l'emballage selon les opérateurs, source de casse en transport.

Une trajectoire de durabilité documentée selon les standards GRI

Aranco se présente comme la première entreprise espagnole du secteur des services d'emballage à avoir publié un rapport de durabilité conforme aux standards GRI (Global Reporting Initiative), référentiel international le plus utilisé pour le reporting extra-financier. Cette démarche, initiée sur l'exercice 2021 et reconduite chaque année, s'inscrit dans un plan directeur de durabilité 2022-2030 dont les principaux jalons recoupent les attentes des grands donneurs d'ordre européens : décarbonation, diligence raisonnable sur la chaîne d'approvisionnement, alignement sur les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies.

L'entreprise fonctionne sous label ZÉRO DÉCHET, fabrique avec 100 % d'énergie renouvelable (panneaux photovoltaïques en autoconsommation et électricité d'origine renouvelable certifiée), et a structuré un département dédié au conseil en durabilité, dont les experts accompagnent les clients dans la rédaction de leurs propres déclarations de conformité.

Un positionnement directement aligné avec les pôles ALLFORPACK EMBALLAGE PARIS 2026

L'offre d'Aranco se trouve à l'intersection de plusieurs univers d'ALLFORPACK EMBALLAGE PARIS 2026, reconfiguré cette année autour de quatre pôles : Emballages et matériaux, Design et impression, Process et conditionnement, Intralogistique et transport. Le service intégré du fabricant valencien combine en effet des machines (Process et conditionnement), des consommables (Emballages et matériaux) et des outils digitaux destinés à la fin de ligne logistique (Intralogistique et transport), trois univers que les industriels achètent traditionnellement à des fournisseurs séparés.

Cette transversalité s'inscrit dans le mot d'ordre que le salon a choisi pour son édition 2026, "Unbox your potential", et trouve un écho particulier dans le nouvel espace Re-génération, consacré aux solutions d'emballage réutilisables, recyclables ou compostables. Pour les visiteurs en charge des fonctions achats emballage, logistique et RSE, le rendez-vous offrira l'occasion de comparer, sur trois jours, des approches concurrentes du même défi : transformer un poste de dépense en levier de pilotage industriel.